Venir au bureau, ce n’est plus ce que c’était !

Femme qui part au bureau pied nu

Une large part de la population a, semble-t-il, découvert le télétravail en mars 2020, quand le monde entier s’est arrêté le temps de laisser la première vague de cas de covid passer. En France, ils étaient 3% des actifs avant la crise mais jusqu’à 60% au cœur de l’épidémie (36% pouvant le faire sans difficulté, 25% avec aménagement) et avec une moyenne de 45% en temps complet après six mois de crise sanitaire. Si la pratique n’est pas si récente, les conséquences qu’elle porte, en s’exerçant désormais en masse, sont inédites et ce sont les centres d’affaires qui en profitent le plus.

Le bureau, le point central des actifs et actives jusqu’en 2020

Le bon vieux temps où aller au travail signifiait rejoindre à une heure bien définie un établissement bien défini pour réunir tous les membres d’une entreprise. Un local appartenant à la société ou des bureaux loués par elle avec un bon vieux bail 3-6-9… Même les agents et agentes commerciales, les employé·e·s en itinérance, celles et ceux qui interviennent en extérieur, sur des chantiers ou au domicile d’autres personnes, devaient bien y faire un petit tour de temps en temps, tous les jours, toutes les semaines, tous les mois. Le bureau, c’était central.

C’était la norme écrasante jusque dans les années 90. Puis il y a eu l’essor de l’informatique et d’internet. Petit à petit, l’idée de travailler un jour par-ci, un jour par-là à son domicile s’est répandue. Certains ont vite compris que cela pouvait devenir leur norme. Le bureau désormais, ce serait chez eux et elles. Cependant, jusqu’à la fin des années 2010, en France en tout cas, la pratique restait exceptionnelle. Le patronat était parfois soupçonneux quant à l’assiduité des personnes concernées ; parfois il regrettait tout simplement de ne pas pouvoir créer une culture d’entreprise avec toutes ses parties (un trait commun aux cultures latines et asiatiques, quand les anglo-saxons s’y font mieux). Concrètement, l’évolution professionnelle d’une personne en télétravail était de toute façon négligée par rapport à celles et ceux qu’on avait sous le nez (loin des yeux, loin du cœur…).

Télétravail imposé

Et tout ça est parti en fumée avec le covid et le premier confinement. Les réticences ont disparu d’elles-mêmes, par l’usage, ou bien les situations ont été éclaircies et maitrisées. Il y a eu l’urgence, certes, et certainement un manque d’organisation au départ, mais les autorités ont rapidement été mises à contribution pour redéfinir le cadre du travail et éviter les excès de tout côté.

Un an après, le télétravail, ne serait-ce qu’en temps partiel, est devenu la norme pour les personnes qui peuvent le pratiquer facilement, 70% d’entre eux le font au moins partiellement. Les bureaux sont vidés de leurs occupants et occupantes. Les sociétés se tournent ainsi de plus en plus vers les centres d’affaires, ces entreprises qui proposent d’accueillir, physiquement ou virtuellement, d’autres sociétés pour leur servir d’adresse. Elles trouvent leur compte dans ces centres qui servent de bureau classique, tout en réalisant des économies, et en permettant d’évoluer sereinement puisqu’il suffit de louer le bureau d’à côté si nécessaire ; mais aussi pour les salarié·e·s en télétravail.

En effet, afin d’assurer un cadre de travail professionnel libéré de l’étendoir à linge et de la plainte du chien pour sortir, les entreprises louent des espaces pour leurs employé·e·s, près de leur domicile. Enfin, la souplesse des engagements en centres d’affaires permet actuellement aux entreprises d’envisager l’avenir plus facilement, sans le couperet des charges du local qui pèse sur le budget.

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